Cette semaine, c’est au tour de Marc Simeoni et Paul Miniconi, co-founders de Volpy, de répondre à quelques questions ! Faisons connaissance.

Marc, Paul, vous êtes respectivement CEO et CTO de Volpy et vous en êtes avant tout les co-founders ! Comment est née cette appli ?

Paul : Marc et moi nous connaissons depuis nos plus jeunes années ! Nous nous sommes retrouvés quelques années plus tard, alors que nous étions tous deux à une époque charnière de nos vies. À cette époque, j’étais toujours en activité dans ma première start-up : iMusic School. Le développement se faisait et j’avais envie de voir si l’herbe était plus verte ailleurs, de retrouver l’excitation de monter un projet. Je me suis donc servi de mon passé de startupper, j’ai vu ce qui avais pêché lors de ma première expérience notamment au début. Je me suis dit qu’il serait bien de pouvoir unir nos forces, moi en tant que startupper avec une expérience de plus de huit ans où j’ai appris vraiment sur le tas et Marc avec les compétences qu’il avait grâce à son expérience. Une véritable synergie des compétences !

Marc : Je crois qu’il est important de préciser que je connais Paul depuis 26 ans. Nous avons été amis avant d’être associés et entrepreneurs ensemble. Notre amitié s’est forgée dans la fougue de la jeunesse, dans les apéritifs endiablés, dans l’échange fraternel et dans l’optimisme de la vie étudiante naissante. Lorsque nous nous sommes retrouvés 20 ans après pour entreprendre ensemble, aucun aspect de cette culture en nous ne nous avait quitté. C’est ce qui explique que l’on s’entende bien alors que par ailleurs, nous avons des qualités et des défauts complémentaires.

Nous avons commencé à travailler ensemble sur le projet, qui allait devenir le projet Volpy en 2015. C’était alors un projet radicalement différent : il s’agissait de produire un collecteur de téléphones placé dans les grandes surfaces. Très rapidement, nous nous sommes aperçus que oui, on s’adressait au bon marché mais que l’on ne l’abordait pas de la manière la plus adaptée. À force d’explorer toutes les solutions technologiques possibles, on a identifié, sur les conseils éclairés de nos mentors au premier rang desquels figure Pierre Noel Luiggi d’Oscaro que la possibilité de créer une appli pour satisfaire les besoins de la collecte auprès des particuliers et aujourd’hui de l’échange de smartphones était sans doute le levier le plus adéquat.

Comment devient-on dirigeant d’une startup ?

Marc : Je ne sais pas trop comment on devient dirigeant d’une startup, mais je sais que je suis heureux de l’être. C’est un parcours qui est rempli de difficultés extrêmes qu’on prend plaisir à résoudre. Je crois qu’être entrepreneur c’est sans doute avoir la passion des casse-têtes chinois et de passer d’un casse-tête chinois à l’autre, tout ça dans un environnement humain qui est la matière principale que l’on travaille et qui a ceci de particulier que vous faites parti de la matière que vous travaillez. Donc, je crois qu’on le devient car on a envie de pouvoir rêver de pouvoir s’accomplir différemment.

Paul : J’ai toujours trouvé les patrons un peu cons et vu que j’étais un peu sous le joug de ça j’ai décidé à mon tour de devenir un peu con ! J’ai toujours eu un truc pour entreprendre, mais il n’y a pas eu un jour où je me suis réveillée et je me suis dit que j’allais faire ça. En revanche, à la fin de mes études, j’ai été employé, sur des domaines différents (œnologie, informatique, accompagnateur à l’emploi…). À un moment donné je suis devenu intermittent du spectacle, donc mon propre patron. Et après ça, quand j’ai vu que c’était difficile mais que ça me plaisait vraiment, je me suis laissé la possibilité de pouvoir le faire. J’ai donc allié mes compétences informatiques à ma passion de la musique et avec des amis que j’avais autour de moi et iMusic School est née. J’ai occupé plusieurs postes. Avant tout, plutôt que d’être patron c’est la volonté d’agir ensemble avec une équipe qui te porte et que tu conçois avec un produit autour. Ça a été aussi une constatation : avec iMusic on était dans un marché de niche donc du coup pour trouver une autre activité qui serait pas mal autour de la startup et quelque chose à forte croissance, on a cherché quelque chose qui touchait tout un chacun : le smartphone. Le jour où j’ai su qu’il y avait 22 millions de smartphones qui se vendaient par an en France je me suis dit que c’était impossible qu’il n’y ait rien à faire autour de ça ! Quand la perspective de marché est énorme tu as toujours une meilleure écoute, rien que de la part des financiers.

L’équipe a grandi rapidement, le projet avance à grands pas… Jusqu’où ira Volpy ?

Paul : Une entreprise c’est comme un enfant, ça naît, tu l’élèves, tu tailles pour que ça aille dans la bonne direction, il grandit. On est encore dans cette phase, actuellement on est balbutiant on apprend à lire. Après on ira jusqu’à l’université et peut être qu’un jour la société volera même de ses propres ailes, le but est de l’élever de de la faire grandir au maximum.

Marc : On pense que ça va aller très loin, du point de vue des critères de réussite qu’on a défini. Les critères de réussite c’est avant tout former un groupe humain à l’image de ce qu’on a envie de bâtir. Un groupe humain qui est solidaire et qui croit dans un projet qui n’est pas qu’un projet économique, qui n’est pas qu’un projet financier mais qui a pour ambition d’avoir un impact sur la société, sur la proximité et plus largement sur les modes de consommation. De ce point de vue-là on a déjà bien avancé puisqu’on a une équipe soudée, motivée, impliquée et avec une entente irréprochable. Et on a l’intention d’aller plus loin encore, d’implanter cette équipe durablement, en Corse, chez nous et bien sûr de réunir toutes les conditions économiques qui vont permettre à ce groupe de prospérer plus largement. Particulièrement à l’international.

Volpy, une aventure humaine ?

Marc : Ce qui nous intéresse nous, c’est de partager des choses avec les gens avec qui on travaille, avec nos partenaires et puis surtout avec nos utilisateurs. Je crois que c’est à nous de trouver une manière adéquate de satisfaire les besoins des utilisateurs, avec la technologie bien sûr, mais aussi en cultivant cette humanité qu’on essaie de préserver et dont on essaie de faire le facteur de différentiation de notre projet.

Paul : Volpy est forcément une aventure humaine ! Ce qui me plait c’est de créer un projet, autour de lui une équipe et de la mettre en synergie. On a des problématiques qui sont diverses mais qui restent communes grâce à Volpy. À l’époque de ma première entreprise nous étions seulement la deuxième start-up corse. Aujourd’hui on est une quarantaine, il y a un écosystème et modestement je me dis qu’on a peut-être enlevé quelques verrous. Au-delà de l’équipe c’est à l’échelle du territoire qu’on veut ça. Moi quand j’avais 20 ans, je n’avais pas du tout les perspectives de monter ma boîte, de partir à l’international… Et puis internet était encore balbutiant. Le challenge est de pouvoir accrocher le wagon de l’aventure technologique à partir de chez nous ! De toute façon quand tu es dans une région comme la nôtre où tu as 320 000 habitants, tu sais que tu ne t’adresses pas à chez toi mais tu t’adresses au monde, c’est un changement qui est quand même extraordinaire. C’est donc forcément une aventure humaine, par essence, car si tu n’as pas d’équipe tu ne peux pas aller au bout. Demain certains de nos membres actuels seront peut-être ailleurs, ils voudront peut-être changer de perspective… Mais l’important c’est d’avoir eu ce temps commun et cette volonté de réussir avec Volpy d’abord.